Test Sonus Faber Lumina I : petite taille mais très grande performance

Test Sonus Faber Lumina I : petite taille mais très grande performance

Par : David Catégories : HiFi , Tests

Je vais aujourd'hui vous faire découvrir une petite enceinte bibliothèque, dont la taille s'avère des plus trompeuses : la Sonus Faber Lumina I.

Sonus Faber lançait il y a quelques petits mois sa nouvelle série d'enceintes Lumina. Celle-ci se compose des colonnes Lumina III, de la centrale Lumina Center, et de nos clientes du jour les Lumina I dont je vous propose aujourd'hui le banc d'essai. Pour l'anecdote, cette dernière est d'ailleurs la plus petite enceinte jamais produite par le fabricant Italien.

Sonus Faber Lumina I

Comme l'ensemble de la gamme Lumina, les enceintes sont entièrement assemblées à la main en Italie. Esthétiquement, elles dégagent une classe naturelle grâce notamment au choix de matériaux nobles, à commencer par une façade avec un placage en bois véritable multicouche, et un coffret MDF recouvert de cuir noir. On remarque que le port bass-reflex est intégré à l'avant, sur le bas, et permet donc d'installer sans problème l'enceinte contre un mur. La face arrière n'est pas en reste accueille deux paires de borniers en nickel, compatibles bi-câblage ou bi-amplification.

Sonus Faber Lumina I

En terme de conception, la gamme capitalise sur certaines technologies des Sonetto, et tout particulièrement avec le choix d'un tweeter DAD de 29 mm (dôme Apex amorti), avec un diaphragme Kuertmueller en soie douce. Il est complété par un haut-parleur médium/grave de 12 cm en pulpe de cellulose, mélangée à des fibres naturelles. Cette enceintes 2 voies offre une réponse en fréquence allant de 65 Hz à 24 kHz, et un rendement de 84 dB, qui nécessitera donc une amplification qui tienne la route.

Les Sonus Faber Lumina I à l'écoute :

Sans y aller par quatre chemins, la Lumina I est très certainement l’une des paires d’enceintes parmi les plus impressionnantes qu’il m’ait été donné d’entendre, compte tenu de son format extrêmement compact. Sur l’album Freewheelin’ de Bob Dylan, dès les premières notes du célèbre Blowin in the Wind, la voix de Bob Dylan résonne avec beaucoup d'authenticité, on se laisse transporter par la mélodie.

Ces petites Lumina I offrent un bel équilibre tonal, et reproduisent chaque note avec précision et une maîtrise étonnante, à l’instar de la tenue dont elles font preuve sur le très beau solo à l’harmonica de Girl from the North Country. Contrairement à certaines enceintes, nulle crispation sur le haut du spectre, leur relative douceur et décontraction sont particulièrement appréciables.

Une justesse que l'on retrouve sur un médium dont le caractère à la fois naturel et doux, contribue à offrir un caractère authentique aux vocales, à l’image de la reprise bouleversante par Nina Simone de Ne Me Quitte pas. Si l’amplitude de l’instrumentalisation reste forcément limitée en raison de leur compacité, elles parviennent à conserver le plus important : l'émotion et l'intensité des paroles écrites par Jacques Brel. Je suis également assez étonné de cette capacité à retranscrire la musique dans son plus simple apparat, de manière fluide et toujours pleine. D'autant plus d'enceintes bibliothèques qui articulent leur jeu autour d'un haut-parleur de 12 cm, qui parviennent à faire jeu égal voire même davantage, avec plus grandes qu'elles. On se laisse facilement transporter au gré des écoutes, et les minutes semblent filer à une vitesse folle. D'autant plus qu'elles possèdent cette capacité appréciable d'être également très agréables à écouter à bas volume, lorsque l'on souhaite simplement habiller la pièce d'un fond musical.

La partie instrumentale bénéficie du même soin et d'une profondeur d'écoute intéressante, tel l'album Brothers in Bamako ou les guitares d'Eric Bibb et Habib Koité se mêlent et s'entremêlent tout au long d'un voyage dépaysant entre blues américain et musique traditionnelle malienne, qui nous emmène de Bamako à Los Angeles. La scène sonore n'est évidemment pas aussi étendue qu'une enceinte plus cossue, mais sa générosité naturelle, permet tout de même de profiter d'une projection intéressante.

Générosité, un adjectif qui sied également au registre du grave. Un médium/grave de 12 cm, avec un évent bass-reflex installé à l'avant, peu laisser de prime abord assez songeur, mais la qualité du rendu reste en très grande partie dépendante de la qualité même du coffret. Et de ce côté-là, même à de hauts niveaux d'écoute, l'enceinte ne bouge pas d'un seul millimètre, l'efficacité du filtrage tout comme le contrôle du HP en matière de résonances sont optimaux. Il ne faut évidemment pas s'attendre à voir les "petites" atteindre de gros niveaux de pression sur les octaves réservées aux plus grandes, mais la précision et leur facilité à se jouer des écarts de dynamique laisse pantois. Elles s'accommodent facilement des attaques sur Hotel California des Eagles, en offrant un grave à la fois agile et tendu, avec une pédale de batterie qui claque sec, sans traîner. Cela ne dispensera pas d'un caisson de grave selon la surface d'écoute, mais leurs capacités dans la reproduction de ce registre sont étonnamment convaincantes.

En termes d'association, les Lumina I sont des enceintes extrêmement faciles à vivre, quel que soit l'amplificateur. Pour avoir réalisé ce test avec un Lyngdorf TDAI-1120, mais également quelques essais avec les petits Sonos Amp et SVS Soundbase, leur caractère n'impose aucune contrainte de côté là. Quels que soient vos besoins et/ou exigences. Attention cependant, malgré leur taille, leur faible impédance (4 ohms) conjuguée à un rendement faible, nécessite une amplification à la tenue en puissance qui tienne un minimum la route.

Conclusion

Les Lumina I sont des enceintes bibliothèques détonantes, ne vous laissez surtout pas tromper par leur taille. En termes de performances pures, Sonus Faber nous offre une paire d'enceintes qui allie à la fois musicalité, esthétique classieuse, et un format qui permettra de leur trouver facilement une place dans un bureau ou une surface d'écoute inférieure à 20 m².

À bien des égards, la Sonus Faber Lumina I me fait terriblement penser à...la Dali Menuet. La comparaison s'arrête là, d'autant plus que les deux enceintes ne se positionnent pas dans la même gamme de prix, mais en terme de concept, nous sommes sur le même créneau.

Produits associés

Articles en relation

Partager ce contenu