Test Lyngdorf TDAI-1120 : un ampli intégré connecté d'exception

Test Lyngdorf TDAI-1120 : un ampli intégré connecté d'exception

Par : David Catégories : HiFi , Tests

Lyngdorf complétait courant 2020 sa dernière gamme d’intégrés HiFi connectés TDAI avec le TDAI-1120, un ampli haut de gamme qui hérite des dernières technologies audio réseau sans fil et de la calibration RoomPerfect.

Test Lyngdorf TDAI-1120

À l’heure ou la musique se consomme maintenant en streaming, que ce soit en local ou par l’intermédiaire de services d’abonnement, la plupart des fabricants historiques proposent au sein de leur gamme des produits qui viennent répondre à ces besoins. Ce qui n’était qu’une tendance est devenu la norme, et il faut reconnaître que nous sommes aujourd’hui de plus en plus nombreux à souhaiter s’attacher les services d’un amplificateur qui offre toutes les commodités de circonstance.

C’est le cas de notre client du jour, le Lyngdorf TDAI-1120 que je vous propose de découvrir aujourd’hui.

Présentation du Lyngdorf TDAI-1120

Comme toujours chez le fabricant Danois, la qualité de fabrication, tout comme le degré de finition est exemplaire, le TDAI inspire confiance et séduit par son extrême sobriété et la classe naturelle qu’il dégage. Le plus agréablement surprenant, provient de la compacité du châssis, dont les mensurations sont idéales pour les petits espaces de rangement, ou ceux qui souhaitent un appareil à l’empreinte visuelle minimaliste.

La façade est partagée entre un afficheur OLED sur la partie droite de l’appareil, la partie gauche accueille un potentiomètre cerclé d’un rétroéclairage afin d’indiquer le niveau de volume, et un bouton de navigation/sélection. Pour en revenir à l’afficheur, ce dernier est assez minimaliste et se cantonne uniquement à afficher les entrées sources sous forme de roue circulaire, et le logo de la marque. Pour l’accès aux réglages et paramètres, il faudra obligatoirement se prémunir de l’application Lyngdorf Remote, contrairement aux TDAI-2170 et TDAI-3140 qui offrent un afficheur complet, et donc davantage de souplesse.

Connectiques et accessoires

En ce qui concerne la connectique, sa taille compacte impose forcément des choix, pour autant cela ne l’empêche pas de proposer une flexibilité intéressante. L'appareil propose 2 entrées audio analogiques RCA, dont une entrée Phono MM pour y associer une platine vinyle, et une entrée XLR pour le microphone de calibration. On trouve également une sortie pre-out pour associer un bloc de puissance, cette dernière est également commutable en sortie subwoofer. Les sources numériques ne sont pas en reste, avec 2 entrées numériques S/PDIF optiques et coaxiales et une sortie HDMI compatible ARC/eARC et CEC. On terminera enfin par noter un port USB pour le branchement d’une clé USB ou disque dur externe, deux paires de borniers compatibles fiches bananes, une entrée/sortie Trigger et une prise Ethernet.

Test Lyngdorf TDAI-1120

Le seul regret provient de l’absence de télécommande fournie. Celle-ci est disponible, mais uniquement en option moyennant quelques deniers supplémentaires. Quant au packaging, il se cantonne au minimum avec un câble secteur, un manuel, et bien sûr le microphone avec trépied. Un petit câble HDMI en plus, aussi basique soit-il, aurait été une marque d'attention appréciable.

Test Lyngdorf TDAI-1120


Application Lyngdorf Remote et large choix de connectivités sans fil

Le TDAI-1120 intègre un module réseau complet compatible avec les protocoles AirPlay 2, Chromecast et uPnP (DLNA). Le niveau de prise en charge s'avère dans la moyenne, avec la lecture en réseau et USB des formats lossy MP3, AAC, OGG, WMA, au même titre que les formats lossless FLAC, ALAC, WAV, AIFF et MQA. Tous les sous-échantillonnages sont gérés du 44.1 jusqu'en 192 KHz en profondeur 16 & 24 bits. Néanmoins, j'ai malheureusement été surpris par l'absence de décodage des fichiers DSD, que ce soit en réseau uPnP ou USB.

Comme son nom l'indique, Lyngdorf Remote est une web app déguisée en application mobile, et disponible pour les smartphones iOS & Android, afin de contrôler et paramétrer le TDAI. En aucun cas il ne s'agit de l'alter-ego des applications du type Bluesound ou Sonos qui vont également avoir la double vocation d'intégrer directement l'accès aux services de musique en streaming. Ce qui n'est absolument pas un problème, bien au contraire, considérant la présence de Spotify Connect et Tidal Connect, et plus généralement d'AirPlay 2 et du Chromecast. Sans oublier le Bluetooth, puisque l'appareil est compatible avec les codecs AAC, SBC et aptX.

Test Lyngdorf TDAI-1120, Lyngdorf Remote uPnP

Le choix de Lyngdorf est une bonne chose en soi (c'est aussi celui de nombreux fabricants aujourd'hui), en externalisant l'accès aux services de musique, le fabricant met surtout l'accent sur les larges possibilités de réglages offertes par cette interface. On note simplement l'accès aux webradios vTuner, ainsi qu'à sa bibliothèque musicale stockées sur un serveur uPnP ou sur un disque dur externe USB.

Au-delà du RoomPerfect, sur lequel nous allons revenir un peu plus tard, nous avons notamment l'accès aux réglages de tonalités par fréquence, la possibilité d'ajuster précisément la sortie des enceintes en pleine bande ou définir une fréquence de coupure, retoucher l'égaliseur multi-bandes, activer/désactiver le DRC ou le filtre subsonique, etc. Lyngdorf va extrêmement loin dans les possibilités offertes en termes de paramétrages, comme de définir la sensibilité ou le délai pour chaque entrée, cela n'a rien d'exceptionnel de prime abord, sauf lorsque cela inclut également les sources sans fil (Roon, Chromecast, Spotify, etc.).

Test Lyngdorf TDAI-1120, réglages

RoomPerfect, la calibration à la carte

Alors que la calibration acoustique s'est largement démocratisée ces 10 dernières années dans le Home-cinéma, elle reste encore marginale lorsque l'on évoque la stéréo. Mais d'ordre général, quel que soit le système utilisé, la très large majorité des algorithmes réalise une prise de mesure de la pièce, avant d'y appliquer un égaliseur en fonction d'une courbe cible. Une approche pragmatique, mais qui n'est pas forcément toujours bien adaptée à chaque système selon les enceintes, et l'utilisateur final lui-même. Avec sa solution maison, il faut reconnaître que sans non plus réinventer la roue, Lyngdorf propose une approche intéressante à bien des égards.

D'abord en incitant à multiplier le maximum de points de mesure afin de pouvoir, "acoustiquement" parlant, modéliser la pièce. Un pourcentage est indiqué lors de la calibration, l'objectif étant idéalement d'atteindre les 90-95%. Puis en faisant le choix de travailler sur la correction des pics de la courbe de réponse en fréquence dans la pièce, mais en conservant la signature même de l'enceinte. Autrement dit, une enceinte montante ou plutôt douce le restera, la correction va faire en sorte de corriger au maximum l'effet de la pièce sur le rendu, mais aucunement d'essayer d'amener l'enceinte vers un schéma pré-établi.

Lorsque le RoomPerfect est activé et l'égaliseur "neutre" sélectionné, le gain en terme d'amplitude, procure une image sonore presque holographique. Il parvient également à maintenir une très belle profondeur d'écoute, et une tenue probante de tous les registres et tout particulièrement dans le grave qui gagne en clarté et en maîtrise. En bypassant le RoomPerfect, la perte en définition et en largeur de scène se fait rapidement ressentir.

Le Lyngdorf TDAI-1120 à l'écoute :

Dès les premières écoutes, nous le TDAI dévoile ses atouts. L'image sonore offre une transparence et une définition de très belle facture. L'album The Original Delta Blues symbolise cette capacité à reproduire la note de manière pure, fluide et authentique, à l'image du vibrant Death Letter, la reproduction du grain de voix de Son House est frissonnante, l'accompagnement à la guitare extrêmement épuré, s’avère d'une clarté et d’une précision remarquable.

Test Lyngdorf TDAI-1120

Le TDAI n’interprète pas, c’est un amplificateur d’une musicalité pure qui reproduit la note dans son plus simple apparat, et conserve une tonalité extrêmement équilibrée d’un bout à l’autre du spectre. Du lent et langoureux Holding Back The Years ou il conserve tout le caractère intimiste et aérien du morceau de Carmen Gomes, au plus rythmé et entraînant Texas Bolero de Duplessy & The Violins of the World, ce petit TDAI s'accommode du moindre changement de rythme avec une facilité des plus agréables.

Quel que soit l’enregistrement, il impressionne par sa constance à offrir une profondeur d'écoute marquée et un bel étalage entre les plans. Il est en revanche intransigeant et exigeant, autrement dit il n'a aucune vocation à faire de miracle sur les sources moyennes ou mauvaises, mais dans le cas contraire, la musique est reproduite avec beaucoup de naturel et de respect du support d’origine.

Il faudra donc veiller aux associations en fonction de vos goûts, dans le cadre de ce banc d’essai des enceintes aux tonalités un peu plus douces et mélodieuses à l’instar des Dali Opticon 8 procurent de très bons résultats, tout comme les Sonus Faber Lumina I avec leur médium très incarné. Sur de l’enceinte plus transparente telles que mes Magnat Quantum 1009S, les résultats se sont avérés excellents, mais le rendu est pour le coup nettement plus neutre. En ce qui concerne sa réserve de puissance qui atteint 2 x 60 watts sous 8 ohms (2x 120 w/ 4 ohms), celle-ci s'avère suffisante pour animer bon nombre d'enceintes bibliothèques et colonnes. Cette dernière reste toutefois trop limitée pour exploiter pleinement de la très grosse colonne, et il vaudra mieux considérer d'y adjoindre un bloc de puissance, ou alors de passer directement sur le TDAI-3400.

Pour autant, le petit TDAI n'en impressionne pas moins par son excellente tenue en puissance. Une qualité qu'il démontre par cette capacité à maintenir très haut la note, et par cette étonnante constance à conserver la même qualité d'écoute et un parfait contrôle du niveau de distorsion lorsqu'il est poussé dans ses derniers retranchements. L'agressivité dont peuvent parfois faire preuve certaines amplifications une fois un certain seul atteint, est ici totalement absent.

Conclusion :

Avec le TDAI-1120, Lyngdorf nous offre un ampli intégré connecté unique en son genre, au regard de ses qualités intrinsèques, musicalement parlant, mais aussi par l'éventail de ses connectivités, fonctionnalités et possibilités de paramétrages offertes, compte-tenu d'un positionnement tarifaire sous la barre des 2000 €. Une petite pépite.

Test Lyngdorf TDAI-1120

Il est d'ailleurs finalement assez amusant de constater, qu'au jeu des comparaisons, le petit nouveau risque fortement (et logiquement) d'éclipser le TDAI-2170, dont le niveau d'équipement par défaut en termes de connectivités sans fil reste inférieur. Le TDAI-1120 fait finalement office de "petit" TDAI-3400. Certes moins puissant, mais considérant l'écart tarifaire, l'association du plus petit modèle à un bloc de puissance pour les utilisateurs d'enceintes gourmandes peut très fortement être envisagé.

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