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RGB MiniLED et Micro RGB LED : la prochaine révolution des téléviseurs LCD ?

- Catégories : Téléviseurs

Choisir un téléviseur cette année n'a jamais été aussi compliqué. Entre l'OLED sous toutes ses formes, le Mini LED, le QLED et maintenant le RGB MiniLED ou le Micro RGB LED, les constructeurs multiplient les appellations au point de perdre même les plus avertis. Pourtant, derrière ce foisonnement marketing, il se passe quelque chose de réellement intéressant du côté du LCD. On fait le point.

Téléviseur affichant des cristaux colorés aux teintes rouge vert bleu et violet sur fond sombre

Un peu de contexte : comment fonctionne un téléviseur LCD ?

Avant d'aborder la nouveauté, un rappel rapide s'impose. Tous les téléviseurs LCD, quel que soit leur nom commercial (LED TV, QLED, QNED, Neo QLED...), partagent la même architecture de base : une dalle à cristaux liquides qui forme l'image, et un système de rétroéclairage qui lui fournit la lumière nécessaire à sa lisibilité.

Or, cette dalle ne produit pas de couleurs par elle-même. Elle contrôle la quantité de lumière qui traverse chaque pixel grâce à une couche de cristaux liquides, mais c'est le rétroéclairage et les filtres colorés associés qui génèrent les teintes que vous voyez à l'écran. Pendant des années, ce rétroéclairage était composé de LEDs blanches ou bleues, associées soit à des filtres RGB classiques, soit à une couche de Quantum Dots (la technologie QLED) pour élargir le spectre de couleurs reproductibles.

L'arrivée du Mini LED a constitué un premier bond qualitatif majeur : en multipliant considérablement le nombre de zones de rétroéclairage indépendantes, les constructeurs ont amélioré le contrôle local de la luminosité et réduit les phénomènes de halo autour des zones lumineuses.

Téléviseur posé sur un meuble dans un salon affichant un paysage de montagne aux couleurs automnales vives

RGB MiniLED et Micro RGB LED : qu'est-ce qui change ?

Comparaison du rétroéclairage LED classique et Mini LED devant un téléviseur affichant une image colorée HDR

La nouveauté introduite en 2025 par Hisense et Samsung consiste à remplacer les LEDs blanches ou bleues du rétroéclairage par des LEDs individuellement colorées, spécifiquement rouges, vertes et bleues. C'est précisément ce que signifie le "RGB" dans RGB MiniLED ou Micro RGB LED.

Hisense commercialise cette approche sous le nom RGB MiniLED (anciennement TriChroma LED), avec des diodes mesurant entre 100 et 200 micromètres. Samsung, de son côté, utilise des diodes encore plus petites, inférieures à 100 micromètres, ce qui lui permet d'en intégrer davantage sur la même surface et de les qualifier de Micro RGB LED. LG a également rejoint la course avec sa gamme Micro RGB evo, commercialisée à partir de 2026. Sony, quant à lui, travaille sur une technologie similaire baptisée True RGB, dont les premiers modèles grand public sont attendus d'ici la fin 2026.

En pratique, le principe reste le même pour tous : chaque zone du rétroéclairage dispose désormais de ses propres sources lumineuses rouge, verte et bleue, que le processeur pilote indépendamment. Résultat : l'image est optimisée couleur par couleur, zone par zone, bien au-delà de ce que permettait un rétroéclairage monochrome couplé à un filtre.

Quels bénéfices concrets pour l'image ?

Les avantages se concentrent essentiellement sur deux axes : la couverture colorimétrique et la luminosité de crête.

Hisense annonce une couverture allant jusqu'à 95 % de l'espace colorimétrique BT.2020, référence utilisée pour les contenus HDR les plus exigeants. Samsung revendique quant à lui 100 % de cet espace en mesure plein écran pour son Micro RGB. Ce sont des chiffres considérables pour une technologie LCD, bien supérieurs à ce que peuvent atteindre les dalles QLED ou Neo QLED actuelles.

Couplés à des niveaux de luminosité de pointe très élevés, ces téléviseurs sont capables d'une restitution HDR particulièrement spectaculaire, notamment dans les pièces lumineuses où l'OLED peine parfois à s'imposer.

Vue en coupe d'un écran de téléviseur révélant les zones de rétroéclairage Mini LED derrière la dalle

RGB MiniLED vs MicroLED : ne pas confondre

La terminologie employée par Samsung peut prêter à confusion : "Micro RGB LED" ne désigne pas la même technologie que "MicroLED". Ce sont deux architectures fondamentalement différentes.

Le MicroLED est une technologie émissive : chaque pixel de la dalle est lui-même une source lumineuse tricolore, sans dalle LCD ni rétroéclairage. C'est conceptuellement proche de l'OLED, mais avec des diodes inorganiques qui éliminent les risques de marquage et de dégradation colorimétrique dans le temps. Le MicroLED reste aujourd'hui réservé aux très grands formats (à partir de 110 pouces) et à des tarifs extrêmement élevés.

Le Micro RGB LED, lui, conserve intégralement la structure LCD classique. Les micro-diodes ne servent que de rétroéclairage : c'est toujours la dalle à cristaux liquides et son filtre couleur qui forment l'image finale. Les diodes sont plus petites, mais leur rôle est identique à celui des LEDs blanches d'un téléviseur traditionnel. La confusion de nommage est regrettable, mais il est important de garder cela à l'esprit.

Comparaison du rétroéclairage LED classique et Mini LED devant un téléviseur affichant une image colorée HDR

Les limites inhérentes à la technologie LCD

Aussi prometteuses que soient ces avancées, le RGB MiniLED et le Micro RGB LED restent soumis aux contraintes structurelles du LCD. La dalle à cristaux liquides ne peut pas éteindre complètement un pixel : les noirs profonds caractéristiques de l'OLED restent inaccessibles. Des phénomènes de halo autour des zones très lumineuses, des irrégularités d'uniformité (parfois appelées "dirty screen effect") et des angles de vision moins généreux que l'OLED persistent, même si les progrès réalisés tendent à les rendre moins perceptibles pour la plupart des usages.


En clair, le RGB MiniLED et ses déclinaisons représentent une évolution significative de la technologie LCD, mais ne remettent pas fondamentalement en cause la supériorité de l'OLED sur les critères de gestion des noirs et de l'uniformité d'image.

Des produits encore réservés aux grands formats

À ce stade, les premiers modèles commercialisés ciblent le segment ultra-premium des très grandes diagonales. Hisense propose des modèles 100" (254 cm) et 116" (294 cm). De son côté Samsung propose un Micro RGB en 115" (292 cm). Notre sélection de téléviseurs de plus de 170 cm regroupe déjà les références les plus en pointe sur ce segment. Enfin, LG entre dans la course avec sa série Micro RGB evo pour les premières diagonales, ce qui constitue un premier pas vers une démocratisation progressive.

Pour que ces technologies s'imposent comme un véritable standard sur le marché, il faudra les voir descendre vers des diagonales de 65 à 85 pouces à des tarifs accessibles, ce que les différents constructeurs semblent vouloir anticiper pour leurs gammes 2026 et 2027.

Grand téléviseur mural dans un salon lumineux avec vue sur ville, affichant un coucher de soleil sur mer

RGB MiniLED ou OLED : pour qui ?

Salle home cinéma dédiée avec fauteuils et grand écran diffusant un film d'action en ambiance tamisée

Le choix entre ces deux technologies dépend avant tout de vos conditions de visionnage et du type de contenus que vous regardez. Le RGB MiniLED et le Micro RGB LED s'imposent clairement dans les pièces de vie lumineuses : leur luminosité de crête très élevée leur permet de tenir face à la lumière ambiante, là où un téléviseur OLED peut sembler moins percutant en pleine journée. Ils sont également particulièrement à l'aise sur les contenus à fort dynamisme visuel : sport, jeux vidéo, action.


En revanche, si vous disposez d'une salle dédiée que vous pouvez maîtriser en termes d'éclairage, et que votre usage principal est le cinéma, l'OLED conserve un avantage décisif sur la gestion des noirs et l'immersion visuelle. Pour creuser les dernières évolutions du côté de cette technologie, notre article sur l'OLED nouvelle génération détaille les avancées récentes des panneaux WRGB. La capacité à éteindre un pixel individuellement reste une qualité que le LCD, aussi perfectionné soit-il, ne peut pas reproduire.

Quels contenus tirent vraiment parti du BT.2020 ?

La couverture du BT.2020 mise en avant par Hisense et Samsung n'a de sens que si les contenus que vous regardez exploitent effectivement cet espace colorimétrique élargi. C'est aujourd'hui le cas des masters HDR10 et Dolby Vision les plus récents disponibles sur les grandes plateformes de streaming : Netflix, Apple TV+ et Disney+ proposent une sélection croissante de contenus masterisés en large gamut. Les disques UHD Blu-ray constituent également une source de choix, avec des masters souvent parmi les plus soignés disponibles pour le grand public.


En pratique, le gain sera perceptible sur les scènes colorées à fort contraste, les tons chair très saturés, les ciels, les végétaux. Sur un contenu SDR classique ou un programme TV standard, la différence avec une dalle QLED haut de gamme sera bien moins flagrante. La qualité du master source reste le premier maillon de la chaîne.

Gros plan sur un écran de téléviseur affichant une explosion de flammes dorées avec débordement visuel hors cadre

Le rôle clé du processeur d'image

Un aspect souvent sous-estimé dans la présentation de ces technologies est la complexité du traitement du signal qu'elles imposent. Piloter trois canaux colorés indépendants (rouge, vert, bleu) pour chaque zone de rétroéclairage, en temps réel et de façon cohérente avec l'image affichée par la dalle, représente une charge de calcul sans commune mesure avec ce qu'exigeait un rétroéclairage blanc classique. Les constructeurs ont dû développer de nouveaux algorithmes de cartographie colorimétrique et de gestion dynamique du rétroéclairage pour tirer le meilleur de cette architecture.

C'est précisément sur ce point que les différences entre constructeurs se feront sentir à l'usage. Un processeur moins abouti pourra générer des artefacts de couleur aux transitions ou une gestion imparfaite des zones de haute luminosité. La qualité du rendu final ne tient pas uniquement au nombre de diodes ou à leur taille : elle dépend aussi, et peut-être surtout, de l'intelligence embarquée qui les pilote.

Processeur Samsung NQ4 AI Gen2 et puce Sony XR côte à côte, deux puces de traitement d'image pour téléviseurs haut de gamme

L'avis Futureland

Le RGB MiniLED et le Micro RGB LED constituent incontestablement l'évolution la plus intéressante du LCD depuis l'arrivée du Mini LED. La capacité à couvrir l'intégralité ou quasi-intégralité du BT.2020 ouvre des perspectives réelles pour la restitution des contenus HDR les plus exigeants, et la progression en luminosité de crête est impressionnante sur les modèles que nous avons pu observer.

Pour autant, restons lucides : ces technologies ne remettent pas en cause la domination de l'OLED sur le rendu des noirs, la gestion des angles ou l'uniformité d'image. Elles comblent une partie du fossé colorimétrique qui séparait le LCD de l'OLED, et c'est déjà remarquable. L'enjeu pour les prochaines années sera la démocratisation vers des formats et des prix accessibles au plus grand nombre.


Nous suivons de près les arrivées de ces gammes chez nos partenaires, notamment les Hisense UR9 et les nouvelles séries Samsung et LG, et nous ne manquerons pas de vous proposer des démonstrations en salle dès que les modèles seront disponibles.

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